6 FILMS CUBAINS

mercredi 30 novembre -1

Du 7 au 24 mai 1995

Nous sommes tous les enfants de Cuba...

Fait rare et paradoxal de notre histoire depuis que le cinéma Spoutnik s'est installé à l'Usine en 1989, nous avons reçu par l'intermédiaire d'un ciné-club au Tessin et via une kyrielle de contacts humains, une proposition de films émanant directement d'un office national de production et de distribution. En effet, l'Industrie cubaine de l'art et de l'industrie cinématographiques (ICAIC) a sollicité l'envoi en Suisse de plusieurs copies de ses films, comportant tous des sous-titres français. Sans doute dans l'idée et l'espoir, d'une part, de faire connaître une petite partie de sa cinématographie (où et quand pouvons-nous voir des films cubains en Suisse ?), et d'autre part de récolter un soutien en espèce et en nature, puisque l'embargo - allant jusqu'à interdire l'importation d'une simple boîte d'aspirine! - fait qu'à Cuba en général et à l'ICAIC en particulier, on manque de tout.
"Rare", parce que la plupart du temps nous fonctionnons à l'envers, c'est-à-dire que le Spoutnik va le plus souvent chercher lui-même les films et les cinéastes ; les propositions honnêtes et intéressantes s'amenuisent. "Paradoxal", puisqu'a priori, nous ne cherchons pas à diffuser un cinéma d'envergure nationale ou commerciale, sauf cas exceptionnel comme celui de Cuba par exemple, pour lequel il faudrait peut-être restituer le terme de "cinéma commercial" et le substituer par celui, plus à propos, de "cinéma populaire", même si ce concept a perdu passablement de sa teneur et de son sens aujourd'hui, dans le monde dit industrialisé.
En acceptant cette proposition de programmer ces films, notre désir est de mieux comprendre, depuis la venue d'un premier cinéaste cubain, en la personne de Santiago Alvarez au Spoutnik en hiver 1992, cette cinématographie singulière, authentique et indépendante que l'on a carrément occulté de notre pensée et de notre culture depuis plus de vingt ans. (...)

Nous vous proposons, soit de redécouvrir ces six films cubains couvrant une large période (1968-1991), soit pour les autres, de venir simplement, spontanément et immédiatement DECOUVRIR une des facettes cachées de notre histoire. Cela particulièrement le dimanche 7 mai pour une rencontre-discussion avec le réalisateur de LUCIA, Humberto Solas, et également en présence d'un représentant de l'ICAIC, José Manuel Gonzales.