Un autre ete

Film

Film de traces plus que d'empreintes, "Un autre été" procède du dépouillement le plus total, d'une économie de moyens extrême. Comme si l'auteur tentait de réduire le cinéma à sa quintessence, à ses composantes élémentaires, l'espace et le temps. Rien ne doit distraire le regard du spectateur du déroulement du film jusqu'à l'aboutissement de son projet limite opiniâtre.
Vingt-sept plans pour quatre-vingt-cinq minutes. Pour la plupart des plans fixes, frontaux, horizontaux, infinis, qui se succèdent comme des blocs homogènes savamment agencés. Le regard s'attarde, se fige, comme mû par un désir de neutralité et d'objectivité toujours contredit cependant par la forte affirmation d'une mise en scène rigoureuse, donc d'une subjectivité. Seuls l'humain et ses dérivés, comme l'automobile par exemple, bougent dans des cadres immobiles. Il y a incontestablement de l'hyperréalisme dans cette fausse fiction où la durée excessive se fait brûlure. Les plans sans ellipse se chargent d'une tension étrange. Le temps semble constamment en suspens, engageant le spectateur dans un processus d'attente et de suspense où transparaît en filigrane l'esquisse d'une fiction possible. Toutefois, par l'effet de la répétition, la surprise se dissout, cède le pas sur la frustration, de déplace dans le hors champ vers la bande sonore.

Michel Egger

Auteur Goël Véronique
Pays Suisse
Année 1981
Durée 87'
Genre Essai
Version
Couleur Noir Blanc
Format 16mm
Thème VERONIQUE GOEL