Pas de repos pour les braves

Film

les 7, 8, 9 et 14, 15, 16 janvier

Un univers léger et coloré par Alain Guiraudie.

En occitan Rabalaïre désigne une personne qui passe son temps à se promener et qui n’est jamais chez elle. Chez les paysans, attachés à leur terre et au travail, on considère qu’un rabalaïre ne fait pas grand-chose de sa vie mais qu’en plus il n’est pas très utile au monde. Par extrapolation, ce mot a aussi un contenu lié au mal de vivre et à l’errance. Il est question d’errances géographiques mais surtout existentielles, au travers des divagations de Basile, un jeune homme qui ne veut pas mourir et qui veut rêver... Le parcours initiatique d’un adolescent attardé, taraudé par la difficulté de devenir un être social, qui a besoin d’aller vaincre sa peur du monde, sa peur de vivre et de mourir, avant de s’adapter aux autres et de faire quelque chose de sa vie.

Autant dire que l'on ne sait pas bien où l'on est. Sur une ligne trouble qui zigzague entre le rêve et la réalité, on se balade dans une nouvelle fable guiraudienne entre Glasgaud et Bairoute, Buénauzères et Riaux- de-Janerrot, entre le village qui meurt et le village qui rit.

Difficile de résumer ce scénario où s'entrechoquent, se contredisent même, différentes intrigues et différents genres cinématographiques. Un jeune homme pourrait en être l'armature, mais il change de nom en cours de film (de Basile, il devient Hector). Sous ces deux identités, il traverse le film, décime un village, poursuit sa route avec deux personnes qu'il a abattues.
Dans un rêve qu'il raconte dans la très belle première scène, il a vu Faftao Laoupo, l'annonciateur de l'avant-dernier sommeil, qui le condamne, s'il ne veut pas mourir, à rester éternellement éveillé. Comme toujours chez Guiraudie, la dimension métaphysique est présente du début à la fin du film. Comme toujours aussi, elle est indissociable de considérations politiques (sur le capitalisme, la notion de l'étranger...) distillées avec
légèreté au gré des situations absurdes.

La grâce du film tient ici surtout à l'humour subtil d'Alain Guiraudie, à son talent de dialoguiste, de metteur en rythmes, en échos. Comme un musicien, il joue avec les codes du genre, l'accoutrement des personnages (la mafia du Sud-Ouest est particulièrement outrée), la répétition de motifs (une voiture bleue notamment qu'on retrouve jusque dans un tableau accroché au mur d'une maison) - rien d'indispensable, mais un charmant plaisir acidulé.

sources: Isabelle Regnier, Le Monde/ob

Auteur Guiraudie Alain
Pays France
Année 2003
Durée 108'
Genre Fiction
Version
Couleur Couleur
Format 35mm
Thème PAS DE REPOS POUR LES BRAVES